Et si le Royaume Uni était le gagnant de l’accord de la nuit de Noël ?

Un sondage rapide (Twitter) montre que seuls 20% jugent que l’UE est gagnante dans l’accord du 24 décembre dernier

Dans un petit sondage twitter effectué auprès de quelques fidèles abonnés (plus de 50), une majorité relative considère que c’est le Royaume Uni qui va sortir « vainqueur » du bras de fer avec l’UE ( 42%) et ils sont 36% à juger, comme moi dans un précédent article que c’est du perdant/perdant ( 36%).

ESSAYONS DE DECORTIQUER RAPIDEMENT L’ACCORD :

La lecture du fastidieux document de plus de 1200 pages penche en effet du coté du Royaume-Uni, qui garde :

  • Un libre accès total au marché européen pour les marchandises (ce qui peut favoriser des marchandises venues du monde entier et légèrement transformés au R-U) – ce qui est du jamais vu dans un accord commercial classique et rapproche le « Brexit deal » de ce qui existe avec des pays comme par exemple entre l’UE et l’Islande ou la Norvège (Espace Economique Européen)
  • L’application de l’accord n’est pas soumise à la Cour européenne de Justice mais à un mécanisme ad hoc long et peu transparent
  • En matière de services, même s’ils devront s’établir dans l’UE ( Irlande ou Luxembourg par exemple) les banques, assurances et agents de change britanniques pourront continuer, comme ils le font déjà , à offrir leurs services aux Européens. On voit d’ailleurs que la City se porte très bien
  • Les Britanniques gardent un accès « payant » au seul programme européen qui les intéressait : Horizon Europe (recherche scientifique, médicale..)
  • Le retrait du Royaume-Uni du programme d’échanges d’étudiants ERASMUS est surtout une mauvaise nouvelle pour les Jeunes Européens ! Ils étaient 3 fois plus nombreux à vouloir faire leurs études au Royaume-Uni que des Britanniques vers l’UE (C’est d’ailleurs pourquoi Boris Johnson n’en voulait plus). De toutes les manières, les Ecoles et Universités britanniques, parmi les plus cotées au monde, sont assaillies de demandes d’étudiants prêts à payer au prix fort Oxford, Cambridge ..
  • Le Royaume-Uni n’aura plus à accepter la main d’œuvre venue d’Europe de l’Est, il pourra les choisir en fonction des besoins
  • En matière de pêche, s’il s’agit bien d’un accord Perdant/Perdant, l’accord est transitoire et au final ce sont les pêcheurs européens qui vont se voir progressivement interdire les eaux poissonneuses de la Couronne britannique

La vérité est que sous la pression des pays du Nord, et notamment de l’Allemagne, le Royaume-Uni a presque obtenu tout ce qu’il voulait ! Boris Johnson avait mis la barre très haut afin d ‘obtenir le maximum

Une défaite donc pour une bureaucratie européenne sous influente de l’Allemagne !

Tout ceci à vérifier, bien entendu, mais prenons rendez-vous dans un an, deux ans, cinq ans , pour en parler ! J’en prends l’engagement !

Henri Malosse

28 décembre 2020

Publié par HenriMalosse

Européen engagé et libre - Enseigne l'histoire de l'Europe - Chairman of TheVocalEurope -30ème Président du Comité Economique et Social Européen (2013-2015)

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