Plan de relance européen, un mirage ?

Le Plan de relance de l’Europe de 750 milliard d’€uros est-il en train de s’évaporer dans les nuages de Bruxelles ?

3 février 2021 : le commentaire d’Henri Malosse

Le « mirage » du plan de relance européen,

Un écran de fumée

Alors que l’économie des pays de la zone €euro a plongé de 5 à 10 % en 2021, surtout dans les pays les plus impactés que sont l’Italie, la France, l’Espagne et maintenant le Portugal, le fameux plan d’aide européen de 750 milliards d’Euros semble s’évaporer dans un écran de fumée !

Pourtant, quand il fut annoncé en mai 2020 lors d’une rencontre virtuelle entre Emmanuel macron et Angela Merkel, on aurait pu croire à un miracle :

Alors que l’UE avait été la grande muette au début de la pandémie, incapable de marquer sa solidarité en particulier à l’Italie première victime européenne du virus chinois ni d’assurer un contrôle effectif des frontières externes européennes (Bruxelles avait même assisté sans réagir à la fermeture des frontières entre pays de la zone Shengen ..) , l’annonce d’un emprunt européen pour soulager les pays les plus atteints par la pandémie avait été perçu comme une « divine surprise »

Même le secteur de l’hospitalité ( hôtels/restaurants…) s’était mise à espérer ! Le Commissaire européen en charge du tourisme, le Français Thierry Breton, avait même annoncé sur tous les médias un « plan Marshall pour sauver le tourisme » qui serait présenté en septembre 2020

On attend toujours…

Mais la « divine surprise » aura bien fait long feu !

Il aura fallu déjà 8 mois pour que de l’accord franco-allemand de mai 2020, l’UE accouche d’un plan en bonne et due forme en décembre 2020 ! Entre-temps, ce que l’on appelle les pays « frugaux » ou « grincheux » ont réduit les ambitions de ce plan en 3 temps et 3 mouvements :

  1. Près de la moitié du plan sera versé sous la forme de prêts à rembourser et non pas d’aides
  2. Une lourde mécanique bureaucratique qui va se mettre en place, dont tout connaisseur des affaires européennes peut pronostiquer des mois , voire des années de lourdeurs, aller-retours, comités d’experts, votes du Conseil..
  3. La possibilité pour les « grincheux » de bloquer des aides si elles ne seraient pas conformes aux 58 pages de recommandations sur ce qu’il faut et qu’il ne faut pas faire (en langue anglaise ) , sur ce qu’il faut ou ne pas financer ..

En ce mois de février, on croise les doigts pour avoir les premiers versements européens d’ici la fin de l’année, ce qui sera déjà bien tard … mais rien n’est moins sûr

Plusieurs facteurs d’inquiétude se font jour :

  •  Pour être effectif, le processus d’approbation du plan nécessite en outre une approbation des 27 parlements nationaux, toujours pas effective ( Blocage par exemple en Italie en raison de la crise politique ! )
  • La mécanique d’examen des plans nationaux à Bruxelles n’a pas été encore mise en place, en particulier le fameux Comité d’experts qui doit juger de la conformité des projets présentés par les Etats , en raison du COVID19 – ce qu’il faut savoir c’est qu’il n’y a personne dans les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles (à quelques rares exceptions) en dehors des malheureux gardiens, femmes de ménage, agents techniques. Les Eurocrates restent calfeutrés chez eux, hors du risque de se contaminer dans les transports publics comme le commun des mortels ..
  • Les négociations pour l’élaboration des plans se passent mal dans la plupart des états, notamment les principaux bénéficiaires du Sud (Italie, Espagne, France, Portugal..) : manque de concertation entre acteurs locaux et administrations nationales, conflits entre autorités régionales et étatiques, manque de consultation des acteurs économiques et sociaux, surtout PME et les secteurs les plus impactés qui semblent bien oubliés au profit des grandes compagnies nationales de transports, High-tech ou énergies…

Le plan de relance, l’Arlésienne de Bruxelles ?

Alors que la crise économique s’exacerbe en même temps que la pandémie perdure, alors que les montants mobilisés par l’Europe ( Italie : 65 Milliards €, Espagne 59 , France 37, Pologne 35, Allemagne 25,Grèce 24 ; Roumanie 20, Portugal 15, Bulgarie 10, Tchéquie 8,Hongrie 8, Belgique 5,1 Suède 4,7…) semblent aujourd’hui bien insuffisants pour relancer les économies et surtout les petites et moyennes entreprises, Indépendants, Artistes, Artisans on commence à se demander si le plan de relance européen ne va pas devenir l’Arlésienne de l’Europe.
Des voix se font de plus en plus entendre pour réclamer à Bruxelles d’accélérer la cadence : les fédérations de PME, le secteur de l’hospitalité et même des Politiques comme le Ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire mais aussi, bien plus surprenant le puissant Président du Bundestag, la chambre basse de l’Allemagne Fédérale, le redouté Wolgang Schaüble, ancien Ministre des Finances qui abjure l’UE de simplifier ses règles de fonctionnement , quitte à renoncer à certaines procédures !

Après le Fiasco des achats de vaccins, va-t-on voir le « Mirage » du Plan de relance de l’UE ?

Henri Malosse

Publié par HenriMalosse

Européen engagé et libre - Enseigne l'histoire de l'Europe - Chairman of TheVocalEurope -30ème Président du Comité Economique et Social Européen (2013-2015)

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