Bienvenue en Absurdistan, le Pays où on ne peut sortir sans une attestation…

Bienvenue en Absurdistan sur Seine, le pays des attestations !

Tandis que nos gouvernants se pavanent sur la « France qui aurait prit les bonnes dispositions au bon moment » ou même « pays d’Europe qui a le mieux géré la crise » , les attestations de sortie vivent leurs dernières heures..

Plus le mensonge est gros, plus on voudrait qu’il passe !

L’Hexagone est à ce jour un des pays au monde  qui a le plus mal géré la crise, tant en nombre de décès par habitants que par l’autoritarisme bureaucratique qui a caractérisé les mesures de confinement.

Ce n’est pas pour rien que le grand hebdomadaire de notre grand voisin allemand, « Die Zeit » a qualifié notre pays d’ »Absurdistan ».

On se souvient tout de l’épisode des masques, des lits d’hôpitaux en nombre insuffisant,  de l’interdiction de la Chloroquine médicament en vente libre depuis des dizaines d’années, des mensonges de Jérôme Salomon (révélés par la Commission multipartite du Sénat), des bourses à répétition, de l’arrogance, de la suffisance et de l’incompétence de nos gouvernements et des grands médias.

Nous sommes d’ailleurs partis pour être les derniers à mettre en circulation les vaccins,

Il est bien trop tôt pour faire un Bilan, mais ce sont bien les attestations humiliantes de sortie, y compris pour aller promener votre chien devant la maison, qui resteront pour moi le souvenir le plus détestable période de confinements et re- confinements.

Comment humilier et infantiliser tout un peuple, qui, comme dans les classes d’école du primaire, ne peut sortir sans demander la permission !

En effet, le pays qui a 366 fromages, a aussi le plus grand nombre de bureaucrates fonctionnaires par habitants au monde ! C’est pourquoi ils nous ont pondu ces attestations, destinées à nous humilier et à les occuper !  Inutiles, faciles à détourner, grotesques, nous en avons eus au moins 6 versions depuis le début de l’épidémie et ce n’est pas fini car nous attendons maintenant les versions nocturnes, « Absurdistan by night » pour les dérogations au « Couvre-feu » ! On en rit d’avance ! Il parait qu’il y aura de nouveau « le pipi du chien «  (besoins des animaux de compagnie)

Le seul pays à avoir osé faire comme nous , est  l’Azerbaïdjan, autre démocratie bien connue dans le Monde.

Je garde cette attestation en souvenir ! Mais je m’en souviendrai en 2022 !

Henri Malosse 

Quand la Bureaucratie se défend, elle peut être dangereuse :

13 décembre 1981 : Quand le régime communiste polonais du général Jaruzelski déclencha l’état de guerre (était d’urgence) pour réprimer le peuple

Cinéma Moskwa à Varsovie, Matin du 13 décembre 1981 célèbre photo de Chris Niedenthal

Le 13 décembre évoque pour moi le souvenir douloureux de la déclaration de guerre à son peuple du Général Jaruzelski

J’ai une histoire personnelle avec la Pologne. Je m’y rendais depuis noël 1975 alors que j’étais étudiant. J’y avais rencontré déjà l’été 1976 Lech Walesa à Gdansk, inconnu alors et qui appartenait à un Groupe d’ouvriers épris de liberté qui avaient participé aux évènements de 1970/1971 (première révolte dans les chantiers navals contre le pouvoir communiste) . Je m’y suis fait des amis de mon âge, je me suis marié en Pologne en décembre 1980 à la suite de quoi, j’ai été harcelé, menacé et ai subi une tentative de chantage de la part des services secrets polonais

Je vous raconterai cette histoire un jour. J’ai retrouvé l’été dernier au centre national des Archives nationales (IPN), ouvert récemment par le gouvernement polonais, 400 pages de documents des services secrets de l’époque sur mon affaire. Il y avait bien un dossier « Henri Malosse », avec le nom de code « Renaut » (j’expliquerais pourquoi ce sobriquet ridicule..) alors que le SB (KGB polonais) pensait me recruter.. Mais ils y renoncèrent, estimant que j’étais « un ennemi de la République populaire de Pologne » et par dépit, je fus banni de Pologne à partir d’avril 1981

Mais entre l’été 1980 et 1981, après les grandes grèves de l’été 1981 sur les bords de la Baltique ( Gdansk, Gdynia et Szceczyn) , la Pologne vivait une tension très forte entre un régime communiste aux abois dirigé par un Général, qui faisait semblant de vouloir négocier et tout un peuple rassemblé autour du syndicat « SOLIDARNOSC ».
Le 13 décembre 1981, levant le masque, le sinistre Général décrétait l’état de guerre, envoyait l’armée avec des chars dans la rue et faisait emprisonner tous les responsables de Solidarnosc. Il y eu des actes de résistance, des grèves, des occupations de mines de charbons, des morts sans doute par dizaines. On ne pu jamais en faire le compte. Il y eu aussi des crimes sordides dont j’ai eu connaissance par après.
Certains leaders de Solidarnosc réussirent à échapper aux mailles du filet et entrèrent dans la clandestinité.
9 ans plus tard, alors que l’URSS était sur le point d’éclater, le régime tomba. Il faut dire aussi qu’entretemps on avait choisi un Pape polonais, Jean-Paul II

Mais dans ma chair et mon âme, je ne pourrais jamais oublier cette dâte funeste du 13 décembre 1981 et , comme beaucoup, je me rendis ce jour là à Bruxelles devant l’Ambassade de Pologne pour exprimer ma colère

La sinistre bureaucratie polonaise, pour se maintenir encore 9 ans au pouvoir, n’avait pas hésité à agresser et enfermer son peuple. Une leçon que nous devons tous garder à l’esprit: la peur de perdre leurs privilèges et leurs pouvoirs rend les Bureaucrates dangereux

Henri Malosse

13 décembre 2020

CorseNetInfos sur le crépuscule des bureaucrates

La rédaction le Samedi 12 Décembre 2020 à 10:27

« Le crépuscule des bureaucrates » : c’est le titre de l’ouvrage d’Henri Malosse qui vient de paraître aux Editions du Palio

Dans ce récit à clés, l’auteur passe en revue les dérives de la bureaucratie bruxelloise qui ont entraîné l’explosion de l’aventure européenne. À travers les portraits à la fois attachants et acides des personnages qu’il met en scène, on pénètre les arcanes des administrations communautaires et l’on comprend, horresco referens, les raisons du dévoiement de l’ambition des Pères fondateurs de l’Europe.

18 novembre 2021 : Bruxelles ne répond plus. Le quartier européen est abandonné aux SDF et aux chiens errants. La Commission est aux abonnés absents. Le Parlement a cessé de siéger. Les eurocrates sont confinés chez eux. Mais le Covid n’y est, cette fois, pour rien. Si les institutions de l’Europe ont fermé boutique, c’est parce que la veille, le Conseil des ministres, convoqué pour la réunion de la dernière chance, s’est séparé sans approuver de budget.

Les caisses sont vides. L’Union européenne a vécu. Les 27 États membres reprennent chacun leurs billes. Et déjà les premiers bruits de bottes se font entendre.
Le projet européen est-il définitivement enterré ?
Frédéric Lassource, le dernier assistant de Jean Monnet, et Pascal Dalando, un ancien président d’une institution de l’UE, ne peuvent s’y résoudre. Avec quelques amis, ils décident de ne pas baisser les bras.

Broché : 186 pages
ISBN-10 : 235449099
Éditeur : Editions du Palio (30 novembre 2020)

https://www.corsenetinfos.corsica/Henri-Malosse-Le-crepuscule-des-bureaucrates_a54251.html

EXCLUSIF : L’Union Européenne deviendrait-elle le « Meilleur des Monde » ?

NON à La Loi « Data Gouvernance » qui va s’introduire « légalement » dans notre vie privée !



(article révisé le 12/12/2020 )

La Commission européenne, qui ne recule devant rien pour faire plaisir aux grands groupes multinationaux,  proposera le 15 Décembre prochain une nouvelle législation sur la « data gouvernance ». Au prime abord, il s’agit de soutenir l’industrie du digital en Europe, mais en y regardant de plus près, elle contient une menace précise pour la protection des données commerciales des petites entreprises, des travaux des chercheurs et même des données privées de chacune et chacun d’Entre Nous !

Au nom de la « Transparence » et du « bien collectif », la future loi européenne sera destinée à « faciliter la transmission de données à caractère privées, commerciales ou scientifiques :

  • Permettre la réutilisation de données publiques recueillies par le secteur public (santé, recensements..) à des fins privées comme la recherche médicale par exemple
  • Distribution de données commerciales moyennant rétributions (liste de clients par exemple) d’une entreprise à l’autre
  • Permettre la diffusion des données personnelles de chacun d’entre nous pour « le bénéfice de la société »
  • Faciliter les échanges de données entre citoyens et entreprises

La Commission ne se cache pas de vouloir donner à l’industrie les données nécessaires pour « d’élaborer et de mettre au point de nouveaux services et produits sur base d’une meilleure connaissance des besoins de la société  « 

En clair :

  • Fournir aux grands laboratoires médicaux les données privées sur notre santé
  • Permettre aux grands groupes de se procurer à bon prix les données commerciales de petits entrepreneurs ainsi que les découvertes de chercheurs indépendants
  • L’utilisation massive des données personnelles par l’industrie (ce que nous mettons sur Facebook par exemple)
  • Faciliter les échanges de données entre différents secteurs (Administration vers le secteur privé, secteur privé comme les transporteurs aériens vers les administrations )

Il s’agit de mettre en place « un cadre légal » pour des « Transferts/Vols de données » qui s’opèrent déjà en sous-main. Mais leur donner un « cadre légal » va les amplifier. La timide référence au consentement des parties avec la RGPD ne trompe personne : Qui pourra résister au « Big Brother » ?

  • Le petit entrepreneur qui se verra acheter ses données par des empires industriels ?
  • Le Chercheur indépendant, étranglé par le coût exorbitant du dépôt d’un brevet ?
  • Le particulier à qui on demandera de fournir gratuitement ses données pour « le bien de la société » ( Bien de la société défini, bien entendu, par nos gouvernements) ?
  • L’entreprise de transports qui se verra obligée de fournir toutes les données aux administrations (polices, douanes, fiscs..) ?
  •  

Ce qui doit nous inquiéter est l’exemple « asiatique » mis en exergue par la Commission européenne pour justifier sa proposition. En fait d’asiatique, c’est la Chine et son système de surveillance policière permanente des citoyens (caméras de surveillances, « puces « dans les Téléphones HUAWEI et Cartes d’identité, Drones, surveillance d’immeubles et de quartiers..) qui est enviée ! Quelle efficacité en effet, à des fins commerciales mais surtout politiques ! Demandez aux Ouighours, Tibétains et autres ce qu’ils en pensent !

On voit bien vers quoi la Bureaucratie européenne veut en venir, sous le prétexte d’aider à la compétitivité des entreprises européennes, c’est le chemin vers le « Meilleur des Mondes » ou « 1984 » de Georges Orwell !

Le seul espoir réside dans la résistance des Citoyens au travers des organisations de défense des droits et celle des Membres du Parlement européen qui devront avaliser – OU PAS – cette proposition scélérate !

ORGANISONS LA RESISTANCE CONTRE BIG BROTHER !

NON A LA PROPOSITION « DATA GOUVERNANCE » !

Henri Malosse

Le plan de relance européen est-il réel ?

Un Plan de Relance Européen en Trompe l’œil !

A la veille d’un Sommet européen (9-11 Décembre 2020) qu’on présente déjà comme « celui de la dernière chance » , attardons nous un peu sur le Plan de relance européen « NextGenerationEU »

Disons tout de suite que le plan de relance porte bien son nom : ce sera à la Next génération de le financer. On compare parfois le plan européen post Covid à un « Plan Marshall ». Rien n’est moins sûr : Le Plan « Marshall » américain de l’après-guerre, encore dans toutes nos mémoires, avait deux qualités : il était SIMPLE et RAPIDE. Nous sommes loin du modèle : le plan de Bruxelles ne suffira pas à la relance ! Il est COMPLEXE et LONG !

Pourtant, la Covid nous oblige à redresser l’activité économique, sociale et politique au plus vite. Un grand élan qui transcende les territoires, les langues et les peuples européens est indispensable : voilà une énorme opportunité d’activer enfin la créativité de tous les citoyens européens en instaurant un mécanisme de débat dans tous les organes publics, scolaires et économiques du continent. Sans implication personnelle du citoyen dans l’Europe, les pays retardataires de la croissance ne seront pas au rendez-vous ultime du remboursement du premier emprunt européen en 2058 et l’Union, créée en 1958, pourrait disparaître pour son centenaire. L’histoire jugera nos générations à leur capacité à se doter d’un processus de démocratie vraiment participative pour se réinventer tous ensemble.

Un Imbroglio compliqué :

En fondant le plan de relance dans les procédures budgétaires de l’Union Européenne, la Commission européenne a cherché la cohérence, mais fait perdre le fil à tout acteur qui n’a pas des années de pratique de Bruxelles. Elle a surtout noué un imbroglio qui n’a pas fini de se dénouer et se renouer devant nous. Nous ne sommes pas loin du scenario que je décris dans « le Crépuscule des Bureaucrates », mon roman d’anticipation.

Le Parlement européen a en effet insisté et obtenu une clause selon laquelle l’Europe pourrait bloquer toute aide aux pays qui ne respecteraient pas l’Etat de Droit, provoquant un véto immédiat de la Pologne, de la Hongrie et de la Slovénie qui se sont sentis visés.

De surcroît, on n’a pas toujours trouvé les ressources supplémentaires pour financer à la fois le budget européen classique et le Plan de relance ! De nouvelles ressources sont encore à chercher.

La Commission européenne, pour boucler son budget, a proposé en effet de nouvelles taxes, mais elles font loin de faire l’unanimité !

2 budgets en Un

Le pré-accord de juillet 2020  portait non pas sur UN, mais sur DEUX budgets distincts

Il convient en effet de dissocier le budget annuel de l’Union du plan de relance spécifique au post Covid :

  1. Le budget annuel de l’Union européenne est décidé pour sept ans. Le Cadre financier pluriannuel 2012-2017 fixe un montant total de 1 074 Milliards d’Euros pour la période, soit en moyenne 153 milliards d’Euros par an. A titre de comparaison, le budget du seul Etat français en 2020 est de 380 milliards d’Euros (pour seulement 250 milliards de recettes). Les moyens de l’Union restent donc bien limités.
  2. Le plan de relance post Covid est d’un montant de 750 Milliards d’Euros. Intitulé Next génération EU, il prévoit 360 milliards d’Euros de prêts, 312,5 milliards de subventions et 77,5 milliards de réallocation de lignes budgétaires déjà existantes dans le projet financier pluriannuel préparé par la Commission.. Pour le financer, les 27 Etats membres ont décidé de s’endetter en commun. Avant de lever un tel emprunt, la Commission européenne devra y être autorisée par l’ensemble des parlements nationaux.

De l’argent encore à trouver :

Même sur la base du compromis de Juillet 2020, il manque encore au moins 300 milliards de recettes pour boucler le budget du Plan de relance et le Budget pluriannuel 2021-2027 !

Car le Brexit est passé par là avec 15% de recettes budgétaires en moins. Mais ce n’est pas tout : lors des négociations Marathon de juillet 2020, on a dû lâcher du lest pour les frugaux : maintenir ou élargir les rabais pour l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark et l’Autriche qui ne payaient déjà qu’un quart de leur part au regard de la règle instituant la cotisation des pays en proportion de leur PIB.! Le manque à gagner est en centaines de milliards d’Euros.  On a même accepté de payer les Pays-Bas et la Belgique pour qu’ils collectent dans leurs port respectifs les droits de douanes européens, ou ce qu’il en reste. Encore quelques centaines de millions d’Euros perdus.  

Où trouver cet argent ?
Le budget de l’UE ne peut être en déficit. Il faut donc trouver de nouvelles recettes.
Une taxe sur les déchets plastiques est introduite au 1er janvier 2021 ! Mais son rapport est très loin du compte : elle devrait rapporter entre 5 et 7 milliard d’euros pas an au maximum. La Commission européenne a lancé plusieurs pistes comme une Taxe « carbone » sur les transports polluants, une Taxe « carbone «  sur les produits importés ne respectant pas les normes de l’UE, une taxe sur les GAFA, la taxe sur les transactions financières. Mais aucune de ces solutions ne fait l’unanimité or c’est bien d’unanimité que le Conseil de l’Union a besoin pour les adopter. Donc il n’est pas certain qu’on pourra compenser le déficit. Il faudra donc faire des coupes budgétaires ou transférer des aides vers des prêts .

Des premières coupes surprenantes

En Juillet 2021, les 27 ont déjà coupé dans le vif du plan de relance, avec notamment :

i.             La Suppression pure et simple de la rubrique « santé »

ii.            La réduction de plus de moitié de la rallonge pour les fonds pour le développement rural et surtout pour la recherche-développement

iii.           La division par 6 des crédits destinés aux entreprises dans le cadre de l’initiative Invest in EU (il ne reste plus que 5,6 milliards sur les 30 milliards prévus) ! Ce dispositif ingénieux visait à aider les start-ups européennes à grandir et rester en Europe. Les montants prévus sont désormais très insuffisants par rapport aux besoins de relance d’activité post Covid et dans la perspective pour l’Europe de retrouver une souveraineté économique en relocalisant certaines productions majeures.

Un plan européen, qui n’en est pas un !

Le plan de relance européen n’est pas vraiment un plan européen puisqu’il consiste à financer les plans nationaux. Les aides de Next Generation EU ont déjà été réparties pays par pays. Les 40 milliards attribués à la France lui serviront à financer en partie son propre plan de relance de 100 milliards : Chaque pays choisit seul ses orientations car les priorités définies par l’UE sont vagues : les projets doivent contribuer à la résilience globale du pays, ne peuvent être contradictoires avec l’objectif de transition écologique et doivent comporter une part d’investissements dans l’économie verte et le digital ! On voit mal comment de nombreux acteurs impactés par le confinement, comme les petits hôteliers et restaurateurs pourront répondre à ces exigences

Une usine à gaz 

Chaque Etat bénéficiaire devra présenter à la Commission européenne ses plans pour recevoir les financements, sous forme de subventions ou de ligne de crédits . Ils seront d’abord soumis à un Comité d’Experts, puis à la Commission européenne et enfin aux états qui devront les adopter à la majorité qualifiée. Mais une forme de droit de veto existe aussi puisqu’un seul Etat Membre peut faire suspendre le versement des aides s’il estime qu’un pays bénéficiaire a outrepassé les orientations définies dans le plan. Cette disposition a été introduite pour satisfaire les pays dits « frugaux » comme l’Autriche ou les Pays-Bas ! Je dirais plutôt les « Grincheux » !

La tutelle de Bruxelles sur les Etats bénéficiaires

De plus, en présentant les Plans, les états devront expliquer ce qu’il font pour appliquer les orientations économiques et budgétaires de la Commission européenne pour se conformer aux critères rigoureux de rigueur.. On voit bien que cette disposition va obliger les Etats très endettés comme l’Italie, la France, ou la Grèce de faire des coupes budgétaires dans leurs dépenses (Retraites, sécurité sociale..) s’ils veulent recevoir leur argent

L’argent n’est pas prêt d’arriver !

Une fois le budget du Plan de relance approuvé (ce qui n’est pas encore le cas),  une loi sera présentée dans chacun des Parlements nationaux des 27 afin d’autoriser la Commission européenne de lever un emprunt. On peut s’attendre à des difficultés auprès des pays dits « frugaux », mais aussi de la part de l’Allemagne ! Cela pourra prendre encore quelques mois !

Le plan européen va ainsi financer des programmes nationaux dans l’ensemble des Etats membres, sous forme de subventions (390 milliards d’euros) et de prêts (360 milliards d’euros). Chaque pays peut ainsi compter sur une enveloppe partiellement prédéfinie, et qui dépend notamment de sa population, de son PIB par habitant et de son taux de chômage avant le début de la pandémie, de 2015 à 2019 (les 30 % restants versés en 2023 dépendront quant à eux des baisses du PIB et de l’emploi observées sur 2020, pour tenir compte de l’impact économique de l’épidémie de coronavirus).

Ainsi, la France devrait recevoir environ 40 milliards euros pour alimenter son plan de relance. Baptisé « France Relance » et présenté le 3 septembre par le Premier ministre Jean Castex, celui-ci sera doté de 100 milliards d’euros. Il doit financer 70 mesures réparties en 3 piliers : transition écologique, compétitivité et innovation, cohésion sociale et territoriale.

En  2021 : versement des premières subventions ? On en doute !

La Commission européenne ne pourra lever d’emprunt et verser les premières subventions aux Etats membres qu’une fois que les parlements nationaux l’auront autorisée à le faire. Les parlements nationaux – et régionaux dans certains cas – doivent effectivement autoriser l’Union européenne à relever son plafond de ressources, afin qu’elle puisse emprunter en ayant une garantie suffisante. Au-delà des difficultés techniques et politiques, le délai est court puisque les ratifications similaires prennent en moyenne 13 mois. Les dirigeants européens gardent aussi en mémoire le rejet en 2016 du traité commercial avec le Canada (CETA) par l’un des 39 parlements consultés, celui de la région wallonne.

Après, il y aura la présentation et la validation des plans nationaux par le Conseil. (Avec la possibilité d’un recours d’un Etat Membre). Il y a bien déjà six mois de retard avec les délais provoqués par les péripéties de la négociation budgétaire.

On pourrait espérer au mieux  les premiers versements au début de l’année 2022 de 70 % du plan et les 30% restant en 2023/2024.

 
Ce n’est qu’en 2028 que l’emprunt européen commencerait à être remboursé.

Le Plan de relance, une relance de l’Europe ?

Rien n’est moins sûr !

Les 750 milliards de Next génération EU sont financés par un emprunt communautaire plus de cent fois plus élevé que le plus grand à ce jour : tout un symbole ! Pour rembourser l’emprunt européen, le principe d’une augmentation des cotisations des états membres est envisagé, qui pourrait passer à 1,8% du Revenu National Brut, alors qu’il n’est que de 1,23% actuellement.

Mais la portée historique est à relativiser, car les cinq pays dits « frugaux », Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède et Finlande, sont peu intéressés par le plan car leur PIB est moins touché par la pandémie. Ils n’ont pas accepté une augmentation de leur écot et ont obtenu un rabais alors qu’ils profitaient déjà de remises.

Les principaux bénéficiaires, comme l’Italie et l’Espagne, ont accepté une augmentation de leur cotisation en échange d’une grosse augmentation de l’aide qu’ils vont percevoir.

La France, qui cherchait un accord à tout prix, est la seule à avoir accepté une augmentation de sa cotisation. En contrepartie, pas d’avantages sur l’octroi des aides puisqu’elle ne percevra que 40 milliards, soit l’équivalent de sa part habituelle dans le financement de l’Europe. Elle est donc la principale perdante de la négociation, a fortiori si son RNB/PIB s’affaissait plus qu’annoncé par le gouvernement pour l’instant, ce qui est malheureusement probable.

Le remboursement de cet emprunt, prévu au plus tard le 31 décembre 2058, pourrait bien s’avérer douloureux pour les états qui cotisent le plus alors que leurs économies, mais aussi pour leurs finances publiques sont déjà les plus en difficulté. Si l’obstacle devenait insurmontable pour eux, les pays du Nord accepteraient-ils de les secourir ?

Avec le prolongement de la crise du COVID19, on voit bien que ce plan, s’il voit le jour, sera :

  • Bien tardif
  • Bien insuffisant
  • Bien lent
  • Bien compliqué

Mais le principal danger est ailleurs. Ce Plan et ses modalités de mise en œuvre souligne la fracture qui ne fait que se creuser en Europe entre :

  • Des pays bien portant, peu touchés par le COVID19 et ses conséquences ( les frugaux et l’Allemagne)
  • Des pays en situation financière difficile, très touchés par le COVID19, essentiellement l’Europe du Sud et la Belgique, groupe dont la France fait clairement partie.
  • L’Europe orientale et centrale qui fait de plus en plus bande à part

Plus la crise se prolonge et s’aggrave, plus cette fracture se fait béante, au point de se demander s’il n’est déjà pas trop tard !

Henri Malosse

9 décembre 2020

« Le meilleur des Mondes » selon Ursula Von der leyen

La Bureaucratie européenne sur les traces de Georges Orwell

L’EUROPE VEUT DESORMAIS DONNER AUX GRANDES ENTREPRISES NOS DONNEES PERSONNELLES !

L’Europe d’Ursula Von der Leyen est-elle en train de se transformer en société orwellienne décrite dans le livre « 1984 » ?

La Commission européenne, qui ne recule devant rien pour faire plaisir aux lobbies des grands groupes multinationaux, s’apprête à proposer une nouvelle législation permettant aux sociétés d’avoir accès à nos données privées, aux informations commerciales des petites et moyennes entreprises et à celles couvertes par les droits de propriété intellectuelle des Chercheurs et des Indépendants !

Bien entendu, elle assure que la loi européenne de protection des données RGPD va continuer à s’appliquer et que rien ne se fera sans le consentement des individus ou entreprises concernées. Mais on peut légitimement en douter car pourquoi, sinon, proposer une nouvelle loi européenne pour « faciliter l’accès aux données personnelles, commerciales et de propriété intellectuelle » ?

Il s’agirait de permettre à l’industrie européenne « d’élaborer et de mettre au point de nouveaux services et produits sur base d’une meilleure connaissance des besoins de la société ». Il s’agirait donc d’une œuvre de bien public pour aider ces sociétés à proposer des biens et des services correspondant à nos attentes !

Derrière ce charabia technocratique se cache la volonté de quelques grands groupes d’utiliser à leurs fins toute informations sur notre vie privée (nos goûts, nos envies, nos habitudes), sur les activités et innovations des Indépendants, Artisans et patrons de petite entreprises , POUR CREER DE NOUVEAUX BESOINS et AUGMENTER AINSI LEURS PROFITS !

Juste le contraire des beaux discours sur le « Pacte Vert » et la « société résiliente » !

C’est l’exemple « asiatique » qui est mis en exergue par la Commission européenne pour justifier sa proposition. En fait d’asiatique, c’est la Chine et son système de surveillance policière permanente des citoyens (caméras de surveillances, « puces « dans les Téléphones HUAWEI et Cartes d’identité, Drones, surveillance d’immeubles et de quartiers..) qui est enviée ! Quelle efficacité en effet, à des fins commerciales mais surtout politiques ! Demandez aux Ouighours, Tibétains et autres ce qu’ils en pensent !

On voit bien vers quoi la Bureaucratie européenne veut en venir, sous le prétexte d’aider à la compétitivité des entreprises européennes, c’est le « Meilleur des Mondes » de Georges Orwell !

Froid dans le dos !

Henri Malosse

VaccinGate à Bruxelles !



VaccinGate à Bruxelles 

La Commission européenne a fièrement annoncé le 24 Novembre dernier qu’elle s’était procurée près de 2 milliard de doses de vaccins pour couvrir presque l’entièreté de la population de l’Union européenne, à répartir entre pays à partir du moment où l’Agence européenne du médicament donnera le feu vert, sans doute le 29 décembre

Mais le plus grand flou demeure sur les conditions dans lesquelles ces vaccins ont été achetés avec l’argent du contribuable européen !

Car la Commission européenne refuse de donner des informations précises sur la façon dont les marchés ont été attribués ! Bien étrangement !

En effet, il est dans les attributions de la Commission européenne de vérifier que les entités publiques dans les états Membres, administrations nationales et territoriales, appliquent bien les lois européennes sur la transparence des adjudications à partir d’un montant minimum ,selon qu’il s’agissent de travaux, de fournitures ou de services !

Combien de Municipalités tremblent quand elles doivent passer des marchés publics importants pour ne pas tomber sous les foudres de Bruxelles !

Mais l’Europe peut s’exonérer elle-même des lois qu’elle impose aux autres !

La Commission européenne se retranche derrière une des plus grandes absurdité des lois européennes : En matière de marchés publics, toutes les entités publiques de l’UE sont tenues de respecter des règles précises, y compris sur la transparence des adjudications . C’est une loi européenne qui s’applique à tous,  sauf à  l’UE elle-même.  En son temps, cette anomalie avait été dénoncée -je l’avais moi-même fait dans un avis du Comité Economique et Social européen sur les Marchés publics[1] – mais sans résultats.

L’appel d’offres des vaccins est le plus important jamais lancé par l’UE elle -même ! Et il n’est pas concerné par les lois européennes sur les marchés publics !

On en voit les effets maintenant ! 

Malgré de nombreuses demandes d’information émanant de Membres du Parlement européen, de groupes de la Société civile, d’avocats, la Commission européenne se retranche derrière cette lacune juridique et répond « Circulez, il n’y a rien à voir » . C’est ce qu’a déclaré la Directrice générale du Service compétent à la Commission européenne, Sandra Gallina, : « Révéler les termes des contrats mettrait en danger la mise sur le marché des vaccins » .
C’est une très étrange déclaration ! La transparence dans l’attribution des marchés n’implique pas de révéler les secrets de fabrication des vaccins, couverts pat des brevets, mais les informations de base sur les montants engagés, les lignes budgétaires utilisées et bien entendu les conditions de protection des consommateurs !!

Même blackout chez les fabricants de vaccins du BigPharma : Pfilzer et AstraZeneca qui ont été interrogés !

En agissant de la sorte, la Commission européenne laisse ouverte la porte à toutes les spéculations :

  • Que veut-on cacher en refusant de donner les montants exacts des contrats ? D’où vient l’argent ? Sur quelles lignes budgétaires ?
  • Pourquoi la Commission européenne refuse-t-elle de donner des informations sur les prix des vaccins ? à combien ont-ils été achetés par la Commission européenne ? leur prix de revente aux états Membres ?
  • Il y a-t-il une clause d’ « exclusivité », même temporaire, dans ces contrats, sinon comment expliquer que la Commission européenne s’est dressée vent debout contre la Hongrie qui a annoncé acheter les vaccins russes Sputnik 5 ?
  • A-t-on donné des garanties de protection juridique aux grands labos en cas d’effets secondaires ou d’inefficacité de leurs vaccins ?
  • Les laboratoires bénéficiaires n’ont-ils pas été payés deux fois avec l’argent des contribuables puisque les états et l’UE ont financé leurs recherches et maintenant achètent leurs vaccins ?

Des ONG parlent de « profits colossaux » pour les heureux bénéficiaires des contrats !

Certains firmes donnent des fourchettes de prix, ou des prix minima, mais d’autres restent muettes.

Selon l’Agence Reuters, la Commission européenne aurait acheté les vaccins pour un peu moins de 25 US Dollar la dose, mais ce ne sont que des spéculations !

Quand on voit les résultats en Bourse de ces entreprises, on ne peut que supposer que les ONG soient dans le vrai et que les bénéfices seront énormes !

Le Commissaire européen à la santé a refusé de commenter la question des prix d’achat des vaccins sous le prétexte que « on ne peut donner des informations sensibles sur des entreprises sans leur autorisation » ! Encore une réponse étrange !

Imaginez le maire de votre commune qui ferait acheter des voitures électriques pour les agents municipaux et refuserait de donner le prix et les conditions auxquelles  elles auraient été achetées ! Il serait inquiété par la justice !

Plusieurs parlementaires suspectent des pays comme la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas d’avoir forcé la Commission européenne à « faire le sale boulot » d’achat des vaccins à leur place  pour échapper aux règles ( !!!) européennes des marchés publics et en disposer donc plus rapidement ! (et de ne pas arriver trop tard par rapport aux Américains ou d’autres pays dans le monde)

Qu’en est-il aussi de la promesse d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel que les vaccins arriveraient partout dans le monde au même moment, sans désavantager les pays les moins riches ?

Toute cette opacité ne fait qu’alimenter bien des suspicions !
Sans oublier la mauvaise réputation de l’industrie pharmaceutique, dont les lobbystes ont l’habitude d’arroser généreusement tous ceux qui se mettent à son service !

Henri Malosse


[1] ces979-2008_ac_en.docUnrestricted -OPINION of the European Economic and Social Committee
on International public procurement (exploratory opinion)

Adopted 29/05/2008

Valéry Giscard d’Estaing, l’Homme qui ne renonça pas

HOMMAGE à VALERY GISCARD D’ESTAING – Hommage National 9 Décembre 2020

Hommage en forme de témoignage

Valéry Giscard d’Estaing , l’Homme qui ne renonça jamais !

Les hommages et les reportages sur l’ancien Chef d’Etat envahissent, à juste titre, nos écrans, ils rappellent son engagement volontaire dans la 1ère armée française commandée par De Lattre de Tassigny dès l’âge de 18 ans en 1945, ses succès militaires en Allemagne et bien entendu son accession au sommet de l’Etat et sa défaite face à François Mitterrand le 10 mai 1981.

Je préfère me tourner justement sur l’après 10 mai, car c’est dans la défaite, que l’on reconnait les grands hommes et dans l’adversité, que les caractères bien trempés se révèlent. Valéry Giscard d’Estaing fut justement celui qui ne renonça à rien !

On se souvient de son « Au revoir » aux Français médusés devant leurs  postes de télévision. On jugea sévèrement ce qui ressemblait à l’attitude d’un « mauvais perdant ». Mais plus que de l’amertume, c’était en fait une maladresse qu’il se reprocha d’ailleurs pendant longtemps ! Ce n’est pas tant sa « non victoire », comme il disait, qui le chagrinait que les trahisons de ses anciens alliés.

Auvergnat avant tout,

C’est dans l’action qu’il retrouva des forces. Après une courte pause marquée par une retraite au Mont Athos, il repartit à la conquète de mandats électoraux dès l’année suivante en commençant par le plus modeste et fut élu triomphalement Conseiller général de Chamalières, son fief en Auvergne ! Il y mena campagne avec humilité sans jamais mettre en avant son passé de Président de la République, allant au contact de toutes et tous comme un candidat normal. Par la suite, il multiplia les succès politiques :  Député, Président de la Région Auvergne et Président de parti.

C’est en Auvergne que je pu pour la première l’approcher directement à l’occasion d’une rencontre entre entrepreneurs européens et auvergnats dans le cadre de ce que l’on appelait alors un « Europartenariat ». Très disponible , chaleureux, attentif à chacun, charmeur avec les femmes, ce n’était pas du tout le personnage hautain décrit par les médias. Il nous expliqua avec force détails les atouts de sa Région et notamment le parc Vulcania, récemment inauguré, qui faisait toute sa fierté.

Homme de Lettres françaises

Un homme très ancré dans sa Région donc et aussi un Homme de culture puisque son autre grande fierté fut d’être admis le 11 décembre 2003 à l’Académie Française sur le siège qu’occupa précédemment Léopold Sega Senghor. Auteur de 5 Romans, Valéry Giscard d’Estaing laissait vagabonder son imagination dans des histoires sentimentales et de voyages qui nourrissaient certainement son subconscient. Raillé par la presse parisienne, notamment pour son Essai « Le Président et la princesse », il sera sans doute un jour reconnu comme un écrivain de talent, juste un peu hors du temps avec ses passions romantiques.

Mais, ne nous y trompons pas, la vraie grande affaire de sa deuxième moitié de vie fut le combat pour l’Europe..

Un Européen français

Comme il le déclara un jour « je préférerais qu’on se souvienne de moi comme un Européen français, plutôt qu’un Français européen ! ». Son mandat de Président avait été marqué par beaucoup de projets  pour l’Europe, et la Grèce le considère encore aujourd’hui comme celui qui a arrimé le pays à l’Union. Sa plus grande avancée restera cependant l’élection directe du Parlement européen par les citoyens en 1979, montrant déjà l’importance qu’il attachait à l’adhésion des citoyens. Pour celui qui était né en Allemagne et avait pris part à la libération de Paris, la construction européenne n’était pas un acquis, mais un combat de tous les jours. C’est donc naturellement qu’il le reprit, non pas avec l’ambition d’y faire une quelconque carrière, mais pour, en paraphrasant Jean Monnet, « faire avancer ses idées ».

En 1989, il conduisit la liste RPR-UDF aux élections européennes qu’il remporta largement avec près de 30% des voix. Immédiatement il démissionna de l’Assemblée nationale française et choisit Strasbourg où il fut un Député européen assidu et actif. Son engagement européen dépassa très vite le cadre de la politique française et on le retrouve Président du Mouvement européen de 1989 à 1997 et Président du Conseil des Communes et régions d’Europe de 1997 à 2004. Attardons nous un instant sur cette dernière fonction qui est plus que symbolique, car il comprenait que l’Europe devait d’abord se faire d’en bas, au niveau des citoyens et des territoires.

On se souvient surtout pendant cette période de sa Présidence de la Convention sur l’avenir de l’Europe ( 2001-2004) dont il fut la figure de proue sans ménager sa peine. C’est à cette occasion que j’eus la chance de reprendre contact avec lui quand il accepta avec gentillesse de venir nous en parler alors que j’animais, avec mon ami Bruno Vever, l’association des lobbystes français à Bruxelles. Il prit vraiment beaucoup de temps pour nous tenir informés, répondant avec entrain et malice, tandis que d’autres acteurs de cette Convention, bien moins prestigieux que lui, traitaient la société civile avec le plus parfait mépris.

L’échec du référendum français sur le projet de constitution lui a été imputé, bien à torts à mon avis. Peu de place lui fut laissé pendant la campagne et son Préambule, lyrique et brillant, fut englouti dans les centaines de pages des Traités européens qui ont fait perdre à cette Constitution tout ce qui aurait pu susciter l’adhésion des citoyens. L’erreur a été celle des juristes des Institutions européennes, pas la sienne . D’ailleurs la devise, le drapeau et l’hymne, qui portaient sa « patte » ont disparu de l’ersatz de Constitution que les Chefs d’état et de gouvernement ont fait passer sans consulter les citoyens sous le nom de « Traité de Lisbonne ».

Amer, mais nullement découragé, Valéry Giscard d’Estain continuera jusqu’à ces dernières années à rêver d’Europe. Il publie à l’automne 2014 un essai intitulé « Europa, la dernière chance pour l’Europe » et me fait l’immense honneur de venir le présenter pour la première fois à Bruxelles à la Session plénière d’octobre du Comité Economique et Social Européen que je présidais à l’époque. Dans ce livre, il prend acte d’une forme d’échec de la construction européenne, regrettant le manque de résultats concrets, le peu d’influence dans le monde et le faible soutien populaire. Il fait preuve ainsi, vers la fin de sa vie,d un grand pragmatisme mais aussi d’une certaine désillusion devant ce qu’est devenu le beau projet des Pères fondateurs, abîmé par la bureaucratie et les rivalités. Mais il ne fait pas que critiquer. Il propose une nouvelle entité sous la forme d’une Confédération, réduite à un noyau dur de 12 Etats et avec des transferts de compétence importants en matière économique, fiscale et budgétaire. Sa vision est une synthèse des thèses du Général de Gaulle et de celles de Jean Monnet, alliant souveraineté des Etats, efficacité et participation des peuples.

Il reviendra à la charge avec ce projet en 2018 lors d’une visite au Parlement européen et lancera un nouveau mouvement pour incarner politiquement sa vision

Je me souviendrais toujours des paroles qu’il prononça quand il vint à Bruxelles pour me faire l’honneur de me décerner la Légion d’Honneur, la 14 octobre 2014, « Henri, vous venez d’ atteindre 60 ans, posez-vous la question de ce que vous voulez faire pour les 60 années suivantes qui vous restent ». Valéry Giscard d’Estaing, dans la deuxième moitié de sa vie, avait choisi de ne pas renoncer à construire l’Europe.

Henri Malosse

30ème Président du Comité Economique et Social Européen

La guerre du Ski aura-t-elle lieu ?

par Henri Malosse, le 3 décembre 2020

Les Bureaucrates nationaux se délectent des mesures de confinement ! jamais ils n’ont eu autant d’occasions de faire preuve de leurs talents inégalés à mettre en place des restrictions ridicules et des paperasseries inutiles ! La France est à cet égard bien le champion du monde avec ces attestations pour faire sortir son chien devant la maison !

La Bureaucratie française a fait feu de tout bois avec le deuxième confinement d’ailleurs : jauge de 30 personnes pour des cathédrales immenses alors qu’on peut être des centaines dans un hypermarché, petits commerces fermés et grandes surfaces ouvertes, montagnes et parcs naturels interdits avec la règle du 1 Kilomètre autour de chez soi .. Mais c’est à l’occasion de la perspective des sports d’hiver que nos Enarques ont vraiment révélé qu’ils avaient un talent fou !

Le Premier Ministre Jean Castex, pince sans rire, a annoncé que les stations de ski seraient ouvertes à « Noël » pour que les « français viennent y respirer l’air pur des montagnes », mais pas les remontées mécaniques pour y pratiquer le ski ! S’entasser dans les studios, Oui, mais skier en pistes ou hors pistes, NON, car le Covid19 vous attend derrière les sapins !

Là, il ne s’attendait pas à être concurrencé par deux lascars, le Premier Ministre belge De Croo ( qui ne doit sa position qu’à son Père, vétéran de la politique belge) et à Angela Merkel dont on avait oublié qu’elle fut en son temps citoyenne zélée de la plus belle mécanique bureaucratique, la République Démocratique Allemande, la RDA !

Les deux en effet, piqués par je ne sais quel frelon d’hiver, décidèrent que non seulement leurs stations de ski seraient fermées (pour les Belges, pas trop risqué car il n’y a jamais assez de neige pour skier dans les Ardennes depuis le réchauffement climatique ), mais que toutes celles des autres pays alentour aussi ! Des pressions et des messages d’autorité furent envoyés aux Helvètes, Autrichiens, Catalans et autres: Ne vous avisez pas d’ouvrir ! Fermez vos stations ! Tout cela au nom d’une très étrange coordination européenne alors qu’il n’y a aucune compétence de l’UE en la matière et surtout que c’est une drôle façon de coordonner quand on décide tout seul et demande aux autres d’obtempérer ! Bien entendu, Emmanuel Macron a été le premier à suivre la Dame de marbre et a relayer les menaces vis à vis des récalcitrants, notamment la Suisse !

Mais comme les Helvètes d’Astérix, les Suisses ne se sont pas laissés compter et résistent aux oukases allemand, belge et français, neutralité oblige ! Le pays des fromages, du chocolat et des coucous n’est pas près de se laisser impressionner par nos drôles d’oiseaux ! L’Autriche, l’Espagne, la Slovénie et la Bulgarie, pays Membres de l’UE , laisseront leurs stations de ski OUVERTES ! Même la petite Principauté d’Andorre fait fi de son Co-Prince Emmanuel Macron – qui n’ a pas daigné s’y rendre contrairement à Valery Giscard d’Estaing, un grand Président qui vient de nous quitter- fait de la résistance !

Désemparés les 3 mousquetaires anti-Ski, qui ne sont bien que 3 , ne savent plus où donner du bonnet de ski ! Dernière trouvaille de la bureaucratie française : demander aux Préfets de faire contrôler les Français rentrant de Suisse ou d’Andorre et de les mettre en quarantaine s’ils ont été au ski ! Mais, question : Comment savoir s’ils n’étaient pas plutôt à Genève pour planquer leurs économies ou pour acheter du chocolat ? Mettra-t-on à l’isolement seulement celles et ceux qui auront le teint trop halé ou une jambe cassé ?

Il ne reste donc qu’aux pauvres Belges, Français et autres Allemands à se rendre en Bulgarie, prétendre y aller pour aller manger des yaourts et se rendre à la magnifique station de Bansko, pas loin de la frontière grecque, il fait beau, il y a de la neige, toutes les remontées mécaniques sont ouvertes et on peut y louer des skis !

DOBRYDOSLI ! Bon schuss !