L’achat de vaccins par Bruxelles, une fausse bonne idée !

Comment l’achat groupé de doses de vaccins par la Bureaucratie de Bruxelles se révèle une fausse bonne idée ! Mais qu’est-ce qui se cache derrière ?

Faire acheter les vaccins par Bruxelles, une fausse bonne idée !

Plus les jours passent, plus on se rend compte que confier à la Commission européenne des achats groupés auprès des grands labos pour les vaccins COVID était une fausse bonne idée

Une idée pour redorer un blason bien terni !

Cette stratégie avait été Imaginée par les Bureaucrates de Bruxelles pour redorer leur image alors qu’ils avaient été notoirement absents lors de la première vague du COVID. On se souviendra de la Conférence de Presse début mars 2020 d’Ursula Von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne, en présentant ses premiers 100 jours ne mentionnant même pas la pandémie ! Alors que l’Italie du Nord était submergée par le virus venu de Chine, Bruxelles était aux abonnés absents au point que le public italien s’était retourné contre l’inertie de Bruxelles alors que des masques, des tests et des équipes médicales étaient envoyées depuis la Russie, Cuba ou même le Venezuela !

Bien entendu, Emmanuel Macron a, par idéologie et ignorance, embrayé sur l’idée des Bureaucrates de Bruxelles !

Or depuis plus d’un mois et demi que le dispositif de Bruxelles a été mis en place, on en voit de plus en plus les inconvénients :

Retards à l’allumage ! La Bureaucratie européenne mise en accusation

L’addition des bureaucraties de l’Agence Européenne du Médicament pour donner le feu vert (fin décembre) et de la Commission européenne pour gérer et répartir les achats de vaccins a généré de 3 semaines à 1 mois et demi de délais supplémentaires. L’exemple d’Israël est probant qui a pu vacciné ¾ de sa population de plus de 60 ans au 8 janvier 2021 et sauvé ainsi de nombreuses vies.

Devant les retards, certains Etats comme l’Allemagne ou la Finlande ont menacé de commander directement des doses de vaccins aux Labos, notamment Pfizer, sans attendre les lots en provenance de Bruxelles

En Allemagne, les critiques contre les lenteurs et la bureaucratie de Bruxelles ont atteint un paroxysme ces derniers jours.

Alexander Von Schoenburg, le Rédacteur en Chef du « Bild Zeitung », le plus gros tirage de la presse allemande a déclaré « la technocratie européenne est sclérosée et va à la vitesse de l’escargot ».

Markus Söder, le Chef du parti social-chrétien CSU, le partenaire bavarois de la CDU d’Angela Merkel, a ajouté « l’UE est trop bureaucratique, on a commandé trop peu des bons vaccins et les procédures sur les prix ont été trop longues ».  Il a souligné aussi qu’il était « paradoxal qu’un vaccin produit en Allemagne soit disponible plus rapidement en dehors de l’UE  qu’en Allemagne elle-même» .

En réaction à ces retards, Angela Merkel s’est entretenu avec Vladimir Poutine sur la possibilité de produire en commun avec la Russie des vaccins .

L’Espagne s’est aussi plainte ces derniers jours des retards de livraisons dus à des problèmes de logistique

Une campagne dans le désordre :

L’annonce d’une distribution coordonnée et concertée des vaccins dans l’UE a été un véritable flop.

Ni sur la lancement de la campagne, ni sur les cibles prioritaires, ni sur l’homologation des vaccins, ni sur ses premiers résultats, ni sur les procédures employées, il n’y a la moindre cohérence !

La Hongrie et ont commencé la campagne de vaccination un jour avant la date proposée par Bruxelles. Les derniers chiffres connus sur les vaccinations montrent d’ailleurs de très grandes disparités : Le Danemark, pouvait se targuer le 3 janvier du taux de vaccination (sur 100 habitants) le plus important de l’UE (0,81), devant l’Allemagne (0,32), l’Italie (0,21), l’Estonie et la Croatie (0,19), ou encore l’Espagne (0,18). La France et les Pays-Bas sont les deux lanternes rouges avec des taux proches de 0,001 %

L’Allemagne avait déjà vacciné près d’un demi million de personnes le 8 janvier, contre 45 mille en France, 20 000 en république tchèque, et 300 000 en Espagne !

Les pays ont eu des priorités différentes :  La France dans un premier temps a réservé les vaccins pour les personnes les plus fragiles des maisons de retraites alors l’Allemagne vaccine par tranches d’âges plus massivement et que l’Italie et la Pologne les réservent en priorité au personnel médical (ou aux célébrités en Pologne pour montrer l’exemple)

L’Allemagne a installé des « vaccinodromes » tandis que la France au début n’envisageait qu’un nombre limité de lieux (hôpitaux publics.. ) avant de changer , une fois de plus, de stratégie..

La campagne en Belgique  est très décentralisée au niveau des Régions et collectivités locales, tandis que le gouvernement français refuse jusqu’à présent l’aide des Régions et collectivités locales..

Les Pays-Bas avaient tout mise sur le vaccin Astra-Zenecca en raison de son faible coût mais l’Agence européenne du médicament, pourtant établi aux Pays-Bas, ne l’avait toujours pas homologué ! (alors qu’il va être largement distribué dans de nombreux pays comme l’inde)

La cacophonie européenne est impressionnante !

Pas assez de vaccins commandés ? Pourquoi ?

Plusieurs pays dont l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne et la Finlande ont reproché à Bruxelles d’avoir acheté un nombre insuffisant de vaccins !

Poussée dans ses retranchements, en catastrophe, la Commission européenne vient d’annoncer le 8 janvier dernier qu’elle allait passer commande de 300 millions de doses supplémentaires de vaccin, y compris auprès des fabricants de vaccins bon marché, comme Astra Zenecca !

Comme si la Commission européenne ne connaissait le nombre d’habitants dans l’UE quand elle avait passé ses premières commandes en novembre 2020 !

Certains vont, à Bruxelles, jusqu’à accuser cette réticence aux conditions obscures des contrats passés avec les grands labos et aussi à des pressions françaises pour retarder des achats massifs dans l’attente du vaccin de Sanofi ! « Honni soit qui mal y pense !!! »…

Le manque total de transparence et la question des prix :

La Commission européenne a agi dans cette affaire comme un intermédiaire entre les labos des Big pharmas et les états de l’UE. C’est la Commission européenne qui a acheté les vaccins en privilégiant les Big Pharmas, sans appels d’offres, en refusant de communiquer les prix d’achat et sans doute avec des clause d’exclusivité. Les Etats rachètent les doses selon des quotas établis en fonction de la population. Mais le plus grand flou demeurait sur les conditions dans lesquelles ces vaccins ont été achetés !

Car la Commission européenne refusait jusqu’à présent de donner des informations précises sur la façon dont les marchés ont été attribués ! Bien étrangement !

Dans le contrat passé par la Commission européenne, il y a bien donc une clause de confidentialité sur les prix : On se demande bien pourquoi, si ce n’est pour cacher qu’il y a eu peut être des ententes de prix entre certains des  Big pharmas (Pfizer, Modena, CureVac) , les premiers sur le marché étant les plus chers.

On sait maintenant grâce à une confidence de  la Secrétaire d’Etat belge Eva de Bleeker, qu’il y avait donc bien une clause de confidentialité ! Elle a révélé en effet le jeudi 17 décembre, les prix des doses de vaccins contre le Covid-19 qui auraient dû resté confidentiels. Des prix qui vont d’un multiple un à huit.

Lee plus chers sont ceux qui ont été achetés en premier par la Commission européenne : 12 € pour le Pfizer/BioNTech, premier à être mis sur le marché au royaume Uni début décembre et dans l’UE fin décembre ; 18 $ pour le vaccin Modena qui arrive sur le marché en Europe début janvier. Les autres annoncés seront moins chers ( 8,50 $ pour Johnson et Johnson, 10 € pour CureVac, et même seulement 1,78 € pour le vaccin du duo Oxford et AstraZeneca qui doit être autorisé fin janvier, 7,56 € pour celui que devraient sortir Sanofi et GSK à une date indéterminée

Par comparaison, le vaccin indien, bientôt mis sur le marché et commandé par de très nombreux pays en développement coûtera aux alentours de 3 € sur le marché international.

Le vaccin russe Sputnik 5, dont les autorités sanitaires russes disent qu’il est sûr à 92 %,  est vendu aux alentours de 8 € sur les marchés internationaux mais est délivré gratuitement à la population depuis début décembre.

La Commission européenne a-t-elle délibérément commandé en premier les vaccins les plus chers ?

Pourquoi la Commission européenne s’est-elle aussi opposée « vent debout » à l’achat par la Hongrie du vaccin russe Sputnik 5 alors que maintenant la Chancelière Merkel envisage une coopération directe entre la Russie et l’Allemagne ?

Le scandale de l’absence de procédures transparentes pour l’achat des vaccins

Il  est dans les attributions de la Commission européenne de vérifier que les entités publiques dans les états Membres, administrations nationales et territoriales, appliquent bien les lois européennes sur la transparence des adjudications à partir d’un montant minimum ,selon qu’il s’agissent de travaux, de fournitures ou de services !

Combien de Municipalités tremblent quand elles doivent passer des marchés publics importants pour ne pas tomber sous les foudres de Bruxelles !

Mais l’Europe peut s’exonérer elle-même des lois qu’elle impose aux autres !

La Commission européenne se retranche derrière une des plus grandes absurdité des lois européennes : En matière de marchés publics, toutes les entités publiques de l’UE sont tenues de respecter des règles précises, y compris sur la transparence des adjudications . C’est une loi européenne qui s’applique à tous,  sauf à  l’UE elle-même.  En son temps, cette anomalie avait été dénoncée -je l’avais moi-même fait dans un avis du Comité Economique et Social européen sur les Marchés publics[1] – mais sans résultats.

L’appel d’offres des vaccins est le plus important jamais lancé par l’UE elle -même ! Et il n’est pas concerné par les lois européennes sur les marchés publics !

On en voit les effets maintenant ! 

Malgré de nombreuses demandes d’information émanant de Membres du Parlement européen, de groupes de la Société civile, d’avocats, la Commission européenne se retranche derrière cette lacune juridique et répond « Circulez, il n’y a rien à voir » . C’est ce qu’a déclaré la Directrice générale du Service compétent à la Commission européenne, Sandra Gallina, : « Révéler les termes des contrats mettrait en danger la mise sur le marché des vaccins » .

L’achat de vaccins par la Commission européenne : Une fausse-bonne idée 

On ne comprend toujours pas pourquoi les 27 ont confié ces achats groupés à la Commission européenne !

La Bureaucratie de Bruxelles pouvait-elle obtenir de meilleurs prix ? Les résultats sont loin d’être probants !

Une campagne coordonnée aurait-elle donné une meilleure image de l’Europe : la cacophonie démontre plutôt le contraire

Était-ce donc pour échapper aux obligations d’appels d’offres européens qu’on a fait appel paradoxalement à Bruxelles ?

Que se cache-t-il derrière cette bien étrange procédure ?

S’il pouvait être légitime de coordonner les efforts des Européens pour lutter contre la pandémie, ce qui n’a pas été fait ou bien trop tard, s’il peut être juste d’investir ensemble sur la recherche, pourquoi donc ce rôle bien étrange donné à une Bureaucratie connue pour ses lenteurs ?

Sur toutes ces questions, je réitère ma suggestion  d’établir une Commission d’enquête du Parlement européen et de poser les questions suivantes à la Commission :

1.    Quelle a été la valeur ajoutée réelle de la Commission européenne dans le processus de délivrance des vaccins à la population au vu de la cacophonie totale qui a prévalu dans la distribution, le calendriers, les méthodes..

  • Pourquoi a -t-on négligé dans un premier temps les vaccins bon marché ?
  • Pourquoi s’est on opposé à l’achat du vaccin Sputnik 5 ?
  • Des Etats Membres ont-ils fait pression sur la Commission européenne pour freiner les commandes dans l’attente de la mise sur le marché de vaccins de certains laboratoires nationaux ?
  • Des intermédiaires ont-ils été employés pour ces transactions sans appels d’offres ? Qui sont-ils ? Combien ont-ils été rétribués ?

[1] ces979-2008_ac_en.docUnrestricted -OPINION of the European Economic and Social Committee
on International public procurement (exploratory opinion)

Adopted 29/05/2008

Publié par HenriMalosse

Européen engagé et libre - Enseigne l'histoire de l'Europe - Chairman of TheVocalEurope -30ème Président du Comité Economique et Social Européen (2013-2015)

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